• auto-stop

Le tikipar Aude

Je venais d’arriver en Nouvelle-Zélande 3 jours auparavant.
Encore sous le coup du décalage horaire (12h), je cherche à rejoindre Auckland en stop, faute de transports en commun depuis le trou où je loge.

Pouce tendu, je marche environ 10 minutes sur le bord de la route, sans me rendre compte que je suis du mauvais côté. Un pick-up s’arrête à ma hauteur et le conducteur m’interpelle en rigolant « Hi there, you’re walking on the wrong side of the road. Come in. » Oups… je n’ai pas encore pris le pli de la conduite à gauche.
Il me fait signe de traverser la route et m’ouvre la portière. Je grimpe dans le véhicule et démarre.
La route serpente dans un décors paradisiaque, entre fougères arborescentes et collines verdoyantes. Les nuages se déplacent à une vitesse incroyable dans un ciel au bleu soutenu.
La discussion est étonnamment riche au vu de mon faible niveau d’anglais. Tout y passe. Le type est métis māori et pakeha (européen). Je cherche à travailler dans une ferme. A acheter un véhicule aussi. Non je ne connais pas grand monde ici, hormis les gens chez qui je loge. « And you’re not afraid about travelling on your own ? ». Ben.. ça va bien, voire très bien en fait. La Nouvelle-Zélande a une super réputation pour les voyageuses en solo et jusqu’à maintenant je n’ai eu affaire qu’à des gens extrêmement chaleureux, je me sens bien.
On parle un peu coutumes māories. Il me dit comment me comporter si je suis un jour invitée à manger chez une famille : retirer ses grolles avant d’entrer et rester pieds nus, insister pour faire la vaisselle, etc. Je lui pose des questions très naïves, inspirées des clichés dont je suis forcément imbibées : les tatouages, les hakas, etc. Il me dit que chaque moko (tatouage traditionnel) est forcément unique, basé sur l’histoire de la personne. J’ose lui demander s’il est tatoué. Il éclate de rire « Are you kiding ? It’s hurt a lot ! » Au temps pour moi.
La discussion continuant encore et encore, il me déposera beaucoup plus loin que prévu, sur Queen Street, dans le centre d’Auckland.
Avant que je ne quitte le pick-up pour entrer dans l’agence d’assurance où je me rend, il défait la figurine en plastique vert accrochée à son rétroviseur interne et me la tend. « This is a tiki. It’s a kind of protection for many things. It will be useful for your travel. For your information, if you buy one, don’t to keep it for yourself. It has to be a present for someone else ». C’est une sorte de talisman représentant génie grimaçant et assis en tailleur. Je prend avec joie ce bout de plastique tout rayé.

Cette histoire s’est déroulée il y a un peu plus d’un an. J’ai toujours gardé précieusement le tiki en plastique vert dans mon portefeuille et c’est l’une des choses les plus précieuses que j’ai ramené de Nouvelle-Zélande.
Et j’ai eu plein d’emmerdes quand même.

Source : duwasabidanslekiwi

Pas banal !(28)Trace ta route(3)
Publié le décembre 10, 2014 | Pas de commentaire | Dans Auto-stop

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *